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Par Véronique Dumas


Historia n° 765, septembre 2010.
Les conspirationnistes trouvent sur Internet un terrain de prédilection...

Deux Français sur trois sont des internautes. Pour le meilleur et pour le pire. Au chapitre de l’Histoire, la Toile véhicule nombre d’erreurs plus ou moins graves qu’il n’est pas toujours facile de relever.

Les plus vulnérables et les premières victimes en sont les adolescents, à la recherche de documentation pour un travail scolaire. 90 % des jeunes Européens âgés de 12 à 18 ans déclaraient en 2006 utiliser Internet (étude Mediapro) et 70 % le font dans un but ludique et scolaire. Par manque de culture générale et par ignorance de la nécessité de recouper une information, ils risquent en permanence de prendre pour argent comptant ce qui leur est proposé, sans le moindre discernement.

Un jeune souhaitant faire une recherche, par exemple sur Wikipédia, n’est pas à même de détecter des erreurs parfois grossières ou des approximations. En 2007, cinq étudiants du master de journalisme de Sciences Po ont, dans le cadre d’une enquête sur cette encyclopédie en ligne interactive et gratuite créée en 2001, volontairement inséré des erreurs grossières dans certains articles afin d’en tester la fiabilité. Leur étude montre que les notices portant sur des sujets historiques ou politiques sont susceptibles d’être manipulées par des auteurs simplement ignorants ou tentés par l’affabulation ou la propagande. Il ne s’agit pas de condamner l’usage d’une encyclopédie comptant plus de sept millions d’articles en 192 langues (500 000 en français) mais d’apprendre à en vérifier les sources. La vigilance et l’esprit critique s’apprennent aussi. (...)

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Source : Historia, n° 765, septembre 2010, pp. 6-9.