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Les adeptes de Lyndon LaRouche honorent Conspiracy Watch d’une brève concernant l’un des articles récemment publié sur notre blog dans lequel était dénoncée la rhétorique fumeuse de Helga Zepp-LaRouche. L’entreprise de disqualification commence dès la première ligne : on y apprend que Conspiracy Watch est un « site de série B (…) qui tend à s'ériger en véritable police de la pensée » ; il serait composé d’une « nébuleuse de petits néo-conservateurs français (…) prêts à démarrer au plus vite les frappes aériennes contre l'Iran, la Syrie, le Soudan, la Libye, Cuba, le Venezuela, Poutine, Benoît XVI et la Chine » (sic).
Après les amabilités vient le fond. Les larouchistes, visiblement soucieux de fonder leur riposte sur les propos d’une personnalité au-dessus de tout soupçon, se mettent à citer non pas leur gourou Lyndon LaRouche mais… Jean-Pierre Chevènement. Cherchant manifestement à embarquer l’ancien ministre dans leur délire conspirationniste et à s’en servir comme d’une caution, ils n’hésitent pas à détourner ses propos pour tenter de montrer qu’il soutient les mêmes thèses que Helga Zepp-LaRouche. Or Chevènement ne dit absolument pas – comme le suggère en revanche Helga Zepp-LaRouche – que la clause de solidarité prévue par le traité de Lisbonne entre Etats membres de l'UE leur fera obligation de s’équiper en vue d’interventions armées offensives auxquelles ils n'auront pas la possibilité de se soustraire.
Chevènement est libre d’estimer que « si de telles dispositions avaient été en vigueur en 2003, la France (…) n'aurait pu se dissocier de l'invasion de l'Irak », mais il ne s’agit que de son opinion personnelle et l’ancien ministre fait sans doute référence à une dissociation politique : la voix dissidente de la France sur le dossier irakien n’aurait, selon lui, peut-être pas porté comme elle l’a fait sur la scène internationale si les dispositions de ce traité avaient été en vigueur à l'époque. Or, cela n’a rien de conspirationniste et demeure dans les limites du débat démocratique sur la construction européenne. Si Jean-Pierre Chevènement avait vraiment voulu affirmer que la France, avec ce traité, se serait vue contrainte légalement d’envoyer des troupes en Irak, gageons qu’il ne s’en serait pas privé et l’aurait dit sans ambages.
Alors quid de cette fameuse "clause de solidarité" ? Relisons le texte du traité puisque les larouchistes nous y invitent : « Au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l'article 51 de la charte des Nations unies. Cela n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres (…) » (art. 28 A § 7 du traité de Lisbonne ; art. 42 du traité sur l'Union européenne).
En d'autres termes, la clause de solidarité ne fonctionne que lorsqu’un Etat membre est attaqué militairement sur son propre territoire - ce qui est tout de même la moindre des choses lorsqu’on ambitionne de mettre sur pied une union politique entre des nations amies.
Il est par ailleurs tout à fait exact que le traité de Lisbonne stipule que l’OTAN demeure, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en oeuvre. Reste que Conspiracy Watch, qui n’a d’autre objectif que de débusquer la rhétorique complotiste partout où elle se trouve, n’entend pas entrer dans ce débat ni se prononcer « pour » ou « contre » le traité de Lisbonne. Conspiracy Watch a mieux à faire – en particulier travailler ses réseaux avec les néo-conservateurs américains en vue du prochain bombardement de Cuba… mais CHUT, ne le répétez surtout pas !
Après les amabilités vient le fond. Les larouchistes, visiblement soucieux de fonder leur riposte sur les propos d’une personnalité au-dessus de tout soupçon, se mettent à citer non pas leur gourou Lyndon LaRouche mais… Jean-Pierre Chevènement. Cherchant manifestement à embarquer l’ancien ministre dans leur délire conspirationniste et à s’en servir comme d’une caution, ils n’hésitent pas à détourner ses propos pour tenter de montrer qu’il soutient les mêmes thèses que Helga Zepp-LaRouche. Or Chevènement ne dit absolument pas – comme le suggère en revanche Helga Zepp-LaRouche – que la clause de solidarité prévue par le traité de Lisbonne entre Etats membres de l'UE leur fera obligation de s’équiper en vue d’interventions armées offensives auxquelles ils n'auront pas la possibilité de se soustraire.
Chevènement est libre d’estimer que « si de telles dispositions avaient été en vigueur en 2003, la France (…) n'aurait pu se dissocier de l'invasion de l'Irak », mais il ne s’agit que de son opinion personnelle et l’ancien ministre fait sans doute référence à une dissociation politique : la voix dissidente de la France sur le dossier irakien n’aurait, selon lui, peut-être pas porté comme elle l’a fait sur la scène internationale si les dispositions de ce traité avaient été en vigueur à l'époque. Or, cela n’a rien de conspirationniste et demeure dans les limites du débat démocratique sur la construction européenne. Si Jean-Pierre Chevènement avait vraiment voulu affirmer que la France, avec ce traité, se serait vue contrainte légalement d’envoyer des troupes en Irak, gageons qu’il ne s’en serait pas privé et l’aurait dit sans ambages.
Alors quid de cette fameuse "clause de solidarité" ? Relisons le texte du traité puisque les larouchistes nous y invitent : « Au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l'article 51 de la charte des Nations unies. Cela n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres (…) » (art. 28 A § 7 du traité de Lisbonne ; art. 42 du traité sur l'Union européenne).
En d'autres termes, la clause de solidarité ne fonctionne que lorsqu’un Etat membre est attaqué militairement sur son propre territoire - ce qui est tout de même la moindre des choses lorsqu’on ambitionne de mettre sur pied une union politique entre des nations amies.
Il est par ailleurs tout à fait exact que le traité de Lisbonne stipule que l’OTAN demeure, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en oeuvre. Reste que Conspiracy Watch, qui n’a d’autre objectif que de débusquer la rhétorique complotiste partout où elle se trouve, n’entend pas entrer dans ce débat ni se prononcer « pour » ou « contre » le traité de Lisbonne. Conspiracy Watch a mieux à faire – en particulier travailler ses réseaux avec les néo-conservateurs américains en vue du prochain bombardement de Cuba… mais CHUT, ne le répétez surtout pas !
Mercredi 5 Mars 2008
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