Ben Laden et Lady Di sont morts-vivants…
Par Pierre Barthélémy "Dead or alive", mort ou vif, disait l'affiche. Pour les adeptes des théories...
Marine Le Pen et le « Léviathan mondialiste »
Pour que vive la France. C’est le titre de l’ouvrage que publie aujourd’hui la présidente du Front...
Pour Ahmadinejad, les "grandes puissances" propagent le sida pour dépouiller les pays pauvres
Le 18 janvier 2012, le Telegraph et les agences de presse Reuters et AP, ont rapporté les propos...
Les ''Protocoles des Sages de Sion'', version anti-Tutsi
Il est en ligne depuis plus de dix ans sur Internet et circule aussi bien en République...
Attentat du 6 avril 1994 : la théorie du ''complot tutsi'' annihilée
Depuis mardi dernier, date de la présentation d’un rapport d’expertise écartant définitivement la...
Saddam Hussein, les Protocoles des Sages de Sion… et les Pokémon !
Hitler, Nasser ou Amin Dada croyaient tous fermement en l’authenticité des Protocoles des Sages de...
Attentat à Damas : le Baas accuse la France et les Etats-Unis
Extraits de «Damas dénonce "un complot" contre la Syrie», par Europe1.fr avec AFP Nouvelles scènes...
Obama ne s'est pas téléporté sur Mars, selon la Maison Blanche
Par Slate.fr Le vrai secret que Barack Obama cache depuis toujours aux Américains et à la Terre...
La "loi Pompidou, Giscard, Rothschild" votée en 1973 empêcherait l'Etat de battre monnaie
Par Alain Beitone La rumeur enfle depuis quelques semaines, sur internet, dans les médias, dans les...
Chavez évoque une "technologie" américaine pour "inoculer le cancer"
Par AFP Le président vénézuélien Hugo Chávez a évoqué mercredi l'existence d'une « technologie »...
Ron Paul et ses théories du complot
Le New York Times épingle Ron Paul pour le contenu de ses bulletins d’information, diffusés depuis...
Complot reptilien : Alain, lui, y croit
Alain en est persuadé : le monde est secrètement gouverné par des hybrides issus d'un croisement...
Oui, la répression en Syrie est bien réelle, n'en déplaise à Meyssan et Cie
Alors que la Russie a dévoilé il y a quelques jours un projet de résolution au Conseil de sécurité...
Taguieff décode la théorie du complot
Propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot Le Point : Du 11 Septembre à DSK, pourquoi la théorie...
Le Front national n’a « pas de passé antisémite » ?
Par Abel Mestre et Caroline Monnot Louis Aliot, vice-président du Front national et codirecteur de...
Sémantique
L'empire et ses barbarismes
Jeudi 27 Novembre 2008Depuis un certain nombre d’années, le terme « états-unien » (ou « étatsunien ») tend à se substituer, dans la presse et sur internet, à celui d’« américain ». Ce remplacement subreptice d’un mot par un autre prend la forme d’un véritable coup d’Etat sémantique. Que cache-t-il ?
Il convient d’abord de souligner que l’on trouve cette expression dans deux types d’écrits :
- des textes engagés, politisés, militants, généralement marqués au coin d’une hostilité non dissimulée à l’encontre des Etats-Unis.
- des écrits à prétention savante, qui sont le plus souvent le fait d’universitaires, où l’emploi du terme « états-unien » est neutre, dénué de toute connotation anti-américaine.
Consciemment ou pas, les auteurs de ce second type d’écrits – chez qui l’utilisation du terme « états-unien » doit être interprétée comme une banale volonté de s’arroger un répertoire lexical délibérément « jargonnant » – prêtent main forte aux premiers.
Cela est d’autant plus préoccupant que ce terme d’« états-unien » n’est pas seulement une affaire d’adjectif. Le nom propre « Américain », qui a toujours été utilisé pour désigner les ressortissants des Etats-Unis d’Amérique, tend en effet à s’effacer au profit du barbarisme à majuscule « Etatsunien ». Or, les citoyens des Etats-Unis d’Amériques se désignent et se sont toujours désigner eux-mêmes comme des « Américains ». Pourquoi devrait-on leur dénier le droit d’utiliser ce terme ? Comment les promoteurs de cette innovation sémantique justifient-ils leur recours à ce barbarisme ?
Premier argument : l’adjectif « états-unien » serait plus satisfaisant qu’« américain » dans le sens où il serait plus précis et éviterait qu’on ne confonde les habitants des Etats-Unis avec ceux du continent américain.
L’argument est peu convaincant dès lors que l’utilisation, depuis plus de deux siècles, de l’épithète « américain » pour désigner ce qui se rapporte aux Etats-Unis d’Amériques n’a jamais posé le moindre problème. De Tocqueville (De la Démocratie en Amérique) à Joe Dassin (« L’Amérique ! - l’Amérique ! - Je veux l’avoir et je l’aurai… »), l’« Amérique » a toujours désigné, dans la langue française, les Etats-Unis. Lorsqu’on parle, par exemple, du rêve « américain », aucun doute n’est permis : les images qui nous viennent alors spontanément à l’esprit sont celles de la bannière étoilée, de la statue de la Liberté, de Martin Luther King (« I have a dream… »), ou encore (c’est mon propre imaginaire qui s’exprime ici !) de Silvester Stalone dans le film Rocky. C’est bien des Etats-Unis qu’on parle. Où donc est le risque de confusion ?
Deuxième argument : l’emploi du terme « américain » pour désigner les seuls Etats-Unis d’Amérique serait une énième manifestation de l’insupportable arrogance des Etats-Unis – et de leurs habitants – qui utilisent un terme désignant un continent pour se désigner eux-mêmes. En d’autres termes, utiliser le mot « américain » pour parler des Etats-Unis reviendrait à prêter allégeance à l’impérialisme du même nom.
Or, en se désignant comme « Américains », les ressortissants des Etats-Unis ne sont en rien des usurpateurs. D’abord parce qu’ils ont été les premiers à proclamer leur indépendance et à fonder un Etat outre-atlantique (1776). Ensuite parce que, de toutes façons, aucun autre Etat d’Amérique du Nord ou du d’Amérique du Sud ne contient le terme « américain » dans sa dénomination officielle. Dans ces conditions, en quoi les Etats-Unis devraient-ils se voir refuser le droit de se désigner eux-mêmes comme « américains » ?
L’argument selon lequel il ne faudrait pas prendre la partie (un Etat parmi d’autres) pour le tout (un continent) n’est pas davantage opérant. Car si l’on devait parler d’« Etats-Uniens » afin d’éviter de confondre les habitants de cet Etat et ceux du continent tout entier, devrions-nous désormais parler, au sujet des congolais de la RDC (ex-Zaïre), des « RDciens », afin de ne pas les confondre avec leurs voisins du Congo-Brazzaville ? Et comment devrions-nous alors appeler les Sud-Africains, ressortissants d’un pays qui a la monstrueuse « arrogance » de se dénommer lui-même « Afrique du Sud » alors qu’il est loin d’occuper toute la partie méridionale du continent africain ?
En réalité, à moins d’admettre que cette manœuvre sémantique repose sur des a priori idéologiques finalement aisément identifiables, on voit mal l’urgence qu’il y aurait à nous faire adopter ce barbarisme d’« états-unien ».

