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Agent de la fonction publique depuis 2004. Diplômé de l'IEP d'Aix.

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19/05/2008

Revue de presse

« Le Village de l'Allemand », de Boualem Sansal  

« Le Village de l'Allemand », de Boualem Sansal

En 2006, sa lettre ouverte aux Algériens (1), dédiée à la mémoire de Mohamed Boudiaf, avait été censurée par les autorités algériennes. Boualem Sansal s'y attaquait aux « Constantes nationales », soient les mythes les plus intouchables de l'Algérie indépendante forgés dès les lendemains de la lutte de libération nationale. Il relativisait en particulier l'islamité et l'arabité du peuple algérien. Ce qui ne lui a pas valu que des amis, loin s'en faut.


Il ne s'en fera pas davantage avec Le Village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller qui est l'occasion, pour l'auteur, de revenir sur un autre tabou. Islamisme et nazisme, suggère Sansal, sont unis par une sorte de gémellité souterraine, qui trouve notamment ses origines dans l'accueil qu'ont fait de nombreux pays arabes à d'anciens criminels nazis aux lendemains de la Seconde guerre mondiale. Cette histoire, encore largement méconnue mais à laquelle plusieurs ouvrages érudits sont consacrés – ne citons que les travaux des politologues Olivier Carré (2),  Matthias Küntzel (3) ou encore l'enquête de Roger Faligot et Rémi Kauffer (4) – est traitée cette fois-ci sur le mode romanesque.



La suite de l'article sur le site de Culture & Cie



Notes :

(1) "Poste restante : Alger. Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes", Gallimard, Paris, 2006, 58 pages.

(2) "Le Nationalisme arabe", Payot et Rivages, Paris, 1996 et "Les Frères musulmans : 1928-1982" (avec Michel Seurat), L'Harmattan, Paris, 1983.

(3) "Djihad und Judenhass. Über den neuen antisemitischen Krieg" ["Le Djihad et la haine des Juifs. Sur la nouvelle guerre antisémite"], Ça ira, Freiburg, 2002.

(4) "Le croissant et la croix gammée", Albin Michel, Paris, 1990.



Rédigé par Rudy Reichstadt le Mardi 15 Janvier 2008 à 16:42 | Permalien | Commentaires (3)


Revue de presse

Hugo Chávez ou la tentation totalitaire  

Icône de la gauche antilibérale, Hugo Chávez a initié un programme de réformes qui a irréversiblement changé le visage de son pays. Mais l'enthousiasme qu'il suscite laisse peu de place à la critique. Au nom de la solidarité altermondialiste, beaucoup n'hésitent pas à justifier des dérives de plus en plus flagrantes et à absoudre le leader vénézuelien de tous ses errements.

ProChoix, n° 41, automne 2007
Le Venezuela est l'une des démocraties les plus anciennes d'Amérique. Il y a neuf ans, les Vénézuéliens ont voté. Et le Venezuela est devenu une « république bolivarienne » – comme on parlait jadis de « république socialiste ». Lassés par l'impéritie d'une élite politique corrompue qui, échouant à résorber les inégalités croissantes et à endiguer la paupérisation de la société, ne savait résoudre les débordements sociaux que par la mitraille, les électeurs vénézueliens ont porté au pouvoir un homme neuf. Dans un pays où plus de la moitié des habitants vit en dessous du seuil de pauvreté, les promesses d'Hugo Chávez de soulager le sort des plus humbles et de mettre fin à un système de représentation moribond ont rencontré un écho favorable. L'ancien colonel de l'armée vénézuelienne, leader charismatique d'extraction modeste, est devenu un instrument de revanche sociale. Hugo Chávez a ainsi nationalisé le pétrole vénézuelien (la principale richesse du pays) et le redistribue sous la forme de programmes sociaux ambitieux dans les domaines de la santé, de l'éducation, du développement social, etc. Selon l'UNESCO, il a fait de son pays un territoire libre d'analphabétisme (le taux de scolarisation du Venezuela est parmi les dix meilleurs de la région) tandis que la croissance vénézuelienne est l'une des plus élevées au monde. [...]

La suite dans la revue ProChoix, n° 41, automne 2007.

...ou en téléchargement PDF ici .


Voir aussi ci-dessous la vidéo : "Le Venezuela d'Hugo Chávez" (émission "Un oeil sur la planète", France 2, 2006).


Rédigé par Rudy Reichstadt le Jeudi 11 Octobre 2007 à 23:17 | Permalien | Commentaires (7)


Revue de presse

Darfour : génocide ambigu ou crise humanitaire ?  

Conflit chaotique, génocide ambigu, crise politique et humanitaire, le Darfour est un sujet grave, qui ne se prête pas facilement aux lectures manichéennes. Tandis que les french doctors se déchirent, en France, sur la manière d'appréhender la situation et sur les mesures à mettre en œuvre pour sauvegarder les populations civiles, le gouvernement de Khartoum continue ses exactions.

ProChoix n° 40

La généalogie du « conflit » du Darfour est relativement bien connue. En février 2003, au sortir d'une guerre civile de vingt ans ayant causé près de deux millions de morts au Sud-Soudan, une rébellion éclate au Darfour, cette province de l'Ouest du pays longtemps abandonnée à sa pauvreté extrême et revendiquant un partage plus équitable des revenus pétroliers soudanais. Pour étouffer le soulèvement, le régime d'Omar El-Béchir choisit alors délibérément d'armer des milices « arabes », déclenchant ainsi une impitoyable guerre de massacres et de pillages contre une population paysanne se définissant elle-même comme « négro-africaine ». Cette campagne « contre-insurrectionnelle », qui s'est étalée de mars 2003 à décembre 2004, s'est accompagnée d'une véritable purification ethnique occasionnant le meurtre de dizaines de milliers de civils (entre 30 000 et 70 000) appartenant à des tribus africaines noires et accusées, à ce titre, de soutenir la rébellion. La crise humanitaire qui s'en est suivie a semble-t-il causé quatre fois plus de victimes. En tout, on estime entre 200 000 et 400 000 le nombre de civils qui ont péri au cours de ces années [1] et à environ 2 millions le nombre de villageois chassés de leurs terres et entassés dans des camps de déplacés au Darfour ou au Tchad voisin. [...]


La suite dans la revue ProChoix, n° 40, été 2007.


...ou en téléchargement PDF ici .



Rédigé par Rudy Reichstadt le Jeudi 28 Juin 2007 à 17:07 | Permalien | Commentaires (0)


Société

Face à l'insécurité, de Didier Peyrat  

Dans un essai à la fois pédagogique et profond, Didier Peyrat dresse un tableau sans complaisance des errements d'une sociologie absolutrice, prompte à noyer le problème de l'insécurité dans la violence de la société.

Face à l'insécurité, de Didier Peyrat

Magistrat au Tribunal de grande instance de Pontoise, Didier Peyrat intervient régulièrement dans les pages « opinions » du Monde ou de Libération. Il a consacré plusieurs publications à la question de l'insécurité. Face à l'insécurité : refaire la cité est la dernière en date.



La réflexion engagée par l'auteur, qui nous invite rien moins qu'à méditer sur la morale et la liberté humaine, est à la mesure de la gravité du problème. Car « au-delà de ses victimes immédiates, qu'elle abîme, l'insécurité excessive s'attaque à la sociabilité, qu'elle déchire ». L'insécurité trouve ainsi sa source dans la crise majeure de la civilité dans laquelle la société française est empêtrée et qui pèse lourdement sur les rapports sociaux au quotidien. Ce « vivre-ensemble » dont tout le monde se gargarise, à gauche comme à droite, est en réalité le nœud du problème. [...]



La suite de l'article est disponible en version intégrale sur le site de Culture & Cie .



Rédigé par Rudy Reichstadt le Lundi 04 Juin 2007 à 22:33 | Permalien | Commentaires (0)


Revue de presse

« Le propre de la bête immonde, c'est qu'on ne la reconnaît pas »  

Un entretien avec Adrien Barrot, paru dans le dernier numéro de L'Arche. Extraits.

« Le propre de la bête immonde, c'est qu'on ne la reconnaît pas »

Vous avez enseigné la philosophie dans des lycées de la banlieue parisienne et avez publié il y a quelques années un plaidoyer sur l'école (1). Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire un livre de réflexions sur la mort d'Ilan Halimi ?

Je dirais que c'est un double choc : le choc que j'ai ressenti au moment où les faits ont été connus et devant la mort de ce garçon ; et puis le choc redoublé que j'ai ressenti lorsque je suis allé à la manifestation du 26 février 2006 et que, alors que j'espérais un rassemblement considérable, j'ai dû constater que, derrière des personnalités officielles – les politiques, les représentants de la nation –, en réalité, c'était ce qu'on appelle la « communauté juive » qui avait manifesté dans une très grande solitude, même si, évidemment, bien des gens courageux ou de bonne volonté étaient là. Il fallait quand même dire le constat, inquiétant, attristant, que les Juifs avaient manifesté seuls. Cela m'a tout de suite conduit à écrire, d'autant plus que je lisais en même temps des prises de positions, des déclarations avec lesquelles j'étais en assez profond désaccord – pour des raisons diverses. Je me suis mis à écrire pour formuler et articuler un certain nombre de choses que je n'avais ni lu ni entendu nulle part et sous la pression d'une nécessité intérieure très forte. Et c'est comme ça que de fils en aiguilles, je me suis retrouvé en train d'écrire un livre.


Comment réagissez-vous aux commentaires de ceux qui, tout en regrettant qu'ils soient si répandus, ont pu comparer les clichés antisémites qui ont joué un rôle dans cette affaire (« les Juifs ont de l'argent » ; « les Juifs se serrent les coudes ») aux stéréotypes visant par exemple les Auvergnats ou les Corses ?

Cela me paraît tellement faible, pour ne pas dire nul et non avenu, que je ne vois pas très bien ce que l'on peut répondre à une telle absurdité. L'histoire montre à quel point elle est inopérante, et complaisante.


L'antisémitisme serait-il plus « grave » que les autres racismes ?

Je crois qu'il ne faut pas confondre un certain nombre de registres. Il n'y a pas lieu de faire une différence entre l'antisémitisme et d'autres formes de racisme d'un point de vue moral, d'une part, et d'un point de vue juridique, d'autre part. Maintenant, politiquement, il me semble que l'antisémitisme est une forme de racisme qui présente des spécificités « remarquables », qui sont repérables par leurs caractères et leurs conséquences dans l'histoire européenne en particulier. Autant je peux comprendre une préoccupation qui vise à ne pas vouloir faire « deux poids, deux mesures » moralement et juridiquement, autant je suis très inquiet devant quelque chose qui prend la forme d'une idéologie qui vise, en réalité, à banaliser l'antisémitisme, et qui peut très facilement aboutir – et qui aboutit malheureusement aujourd'hui – à refuser d'en reconnaître la réalité, la gravité, la nécessité d'en identifier les acteurs, les discours qui la soutiennent et à refuser de lutter contre.


(…)


La suite dans L'Arche, mai 2007, n° 589.


(1) L'Enseignement mis à mort, J'ai Lu, coll. Librio, 2000.



Rédigé par Rudy Reichstadt le Mercredi 23 Mai 2007 à 20:01 | Permalien | Commentaires (0)


Proche-Orient

L'affaire des travaux de la Porte des Maghrébins à Jérusalem : un débriefing  

Les travaux israéliens entrepris aux abords de l'esplanade des Mosquées ont donné lieu à de vives tensions. Provocation israélienne pour les uns, manipulation palestinienne pour les autres, la crise est révélatrice de l'enjeu central que constitue la Vieille Ville de Jérusalem. Sous bien des aspects, elle n'est pas sans rappeler la crise internationale qui a embrasé le monde arabo-musulman l'année dernière au sujet des caricatures de Mahomet.

Le Mur Occidental et la Porte des Maghrébins

La crise qui a éclaté à Jérusalem début février au sujet des travaux effectués par Israël aux abords de l'esplanade des Mosquées vient rappeler à qui serait tenté de l'oublier l'ultra-sensibilité du lieu en question et l'enjeu éminemment politique qu'il représente. La Vieille Ville de Jérusalem est au cœur des négociations de paix israélo-palestiniennes. Elle en est à la fois le noyau et l'une des pierres d'achoppement. Rappelons que la souveraineté revendiquée par Israël sur la Vieille Ville souffre d'un déficit patent de légitimité dès lors que l'annexion de Jérusalem-Est, conquise lors de la guerre de 1967, n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. Dans ces circonstances, montrer son attachement à la terre, même au moindre centimètre carré, est presque aussi important que la contrôler effectivement.


L'origine de la crise qui nous occupe remonte à l'hiver 2004, […] La suite de l'article est disponible en version intégrale sur le site d'AgoraVox et celui de Yahoo Actualités .



Rédigé par Rudy Reichstadt le Mardi 10 Avril 2007 à 23:42 | Permalien | Commentaires (1)


Actualité

C'est quoi le Darfour ?  

Village dévasté au Darfour

Le Darfour, c'est 300 000 morts (un peu plus, un peu moins) et plus de 2 millions de « déplacés ». Le Darfour, c'est, pour les procureurs de la Cour pénale internationale, 51 chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et de crimes de guerres; pour les années 2003 et 2004. Le Darfour, c'est, à ce jour, 10 résolutions des Nations Unies. Le Darfour, c'était, déjà en 2004, pour Kofi Annan, « l'enfer sur Terre ».


Le Darfour, c'est une région de l'Ouest du Soudan grande comme la France et donc difficile à couvrir correctement. La presse ne comptant pas spécialement sur l'amicale coopération des autorités soudanaises, on ne dispose que de peu d'images en provenance du Darfour. Qu'à cela ne tienne ! Car le Darfour, c'est aussi un écran sur lequel chacun, ici, projette ses propres représentations : conflit politico-religieux entre islam intégriste de Khartoum et islam traditionnel des tribus africaines ; conflit ethno-racial entre « Arabes » et « Noirs » ; conflit ancestral entre pasteurs nomades et agriculteurs sédentaires ; conflit colonial entre un centre et sa périphérie ; conflit écologique dû à la sécheresse ; conflit économique dû à la présence de pétrole dans la région ; « premier génocide du XXIème siècle »… Le Darfour, c'est peut-être tout cela à la fois. Mais c'est surtout le crime quotidien d'un gouvernement dictatorial qui massacre, depuis maintenant quatre ans, une partie de ses propres citoyens. On ne peut plus ignorer aujourd'hui que des civils désarmés sont la proie de milices (les fameux janjawids ) encadrées par l'armée régulière soudanaise. Hommes, femmes, enfants, vieillards, sont pourchassés, massacrés, bombardés, affamés et harcelés jusque dans leurs camps de réfugiés au Tchad, le pays voisin. « Le scénario est toujours le même, écrit Bernard-Henri Lévy (in « Choses vues au Darfour », Le Monde, 12 mars 2007 ). Les janjawids arrivent, généralement, à l'aube. Ils jettent des torches dans les huttes. Défoncent, à coups de masse, les hautes jarres de terre cuite qui laissent échapper, puis s'enflammer, des flots de mil ou de sorgho. Ils tournent autour des brasiers, avec des hurlements terribles. Ils arrachent les enfants des bras des mères pour les jeter vivants dans la fournaise. Ils violent les femmes, les battent, les éventrent. Ils rassemblent les hommes et les achèvent à la mitrailleuse. Et, quand enfin tout a brûlé, quand il ne reste du village que des ruines éparses et fumantes, ils regroupent les bêtes apeurées et les emmènent vers le Soudan ».


Le Darfour, c'est enfin cet endroit du monde que toutes les puissances qui comptent ont au moins une bonne raison de laisser dans l'ombre. Empêtrés en Irak, les Etats-Unis hésitent à agir malgré la remarquable mobilisation de la société civile américaine . La Chine, qui est le plus important partenaire commercial de Khartoum et détient 40 % des concessions pétrolières du Darfour, fait blocage au Conseil de sécurité. La Russie, quant à elle, n'est pas franchement disposée à prendre des mesures coercitives contre un régime à qui elle vend des armes. Pour ce qui est de la France, elle a toujours affiché une mansuétude inouïe à l'égard du gouvernement illégitime d'Omar el-Bechir. La déstabilisation de la région, qui nuit à ses intérêts au Tchad et en Centrafrique, a commencé d'infléchir sa politique vis-à-vis de Khartoum, mais elle rejette pour le moment l'idée d'une intervention militaire. « Si les exactions se poursuivent, […]  le Conseil de sécurité n'aura pas d'autre choix que d'adopter des sanctions », a prévenu Jacques Chirac. Une mise en garde bien peu sévère compte tenu de la gravité de la situation et des efforts diplomatiques déployés jusqu'à aujourd'hui pour tenter de faire plier Khartoum.



Rédigé par Rudy Reichstadt le Jeudi 22 Mars 2007 à 00:31 | Permalien | Commentaires (1)


Antisémitisme

« Si c'est un Juif », d'Adrien Barrot  

Quand un professeur de philosophie dissèque avec brio ce qui a rendu possible la mort d'Ilan Halimi.

Si c'est un Juif, d'Adrien Barrot

Février vient de s'achever et l'on n'a peut-être pas commémoré comme il se devait l'anniversaire de la mort d'Ilan Halimi. Il y a un an, le jeune homme était enlevé, séquestré, supplicié et finalement abandonné, agonisant, au bord d'une ligne de chemin de fer. L'horreur et l'indignation suscitée par la barbarie du crime a été générale. De l'eau a coulé sous les ponts depuis, mais la situation s'est-elle vraiment améliorée du point de vue de la lutte contre l'antisémitisme ? Dieudonné a toujours pignon sur rue et fait maintenant salle comble avec le concours de la fine fleur du Front national. Un écrivain « respectable », Raphaël Confiant, qualifie les Juifs d'« Innommables ». Il y a encore trois mois, à la sortie d'un match de foot, un jeune Juif était pris en chasse par une meute de supporters enragés…


Normalien, Adrien Barrot enseigne la philosophie à l'université de Paris XII. A 40 ans, il est l'auteur d'un plaidoyer sur l'école (L'Enseignement mis à mort, E. J. L., coll. Librio, 2000, 88 pages) qui lui fait résolument côtoyer les auteurs les plus critiques – souvent aussi les plus lucides hélas – sur la situation de l'instruction publique en France.


Son dernier essai, Si c'est un Juif*, prend l'affaire Ilan Halimi pour point de départ. Elle le conduit à aborder une partie de ces facteurs « qui contribuent au détraquage généralisé de notre époque et de ce pays », car qui veut comprendre la résurgence actuelle de l'antisémitisme doit la replacer dans l'état de déliquescence qui l'a rendu possible. A l'appui de sa thèse, le philosophe nous livre des considérations souvent pénétrantes sur la consubstantialité du nazisme et du gangstérisme ; l'inanité d'une critique sociale impénitente qui, trop souvent, trouve des excuses à l'injustifiable ; le recyclage et le blanchiment de la haine antijuive la plus éculée par le truchement de l'antisionisme ; le rapport du marxisme au « fait juif » ; etc.


Adrien Barrot fait partie de ces Cassandre qui n'apportent que des mauvaises nouvelles. Voici donc un livre qui ne fera pas l'unanimité, un livre qui, si on daigne bien lui accorder l'importance qu'il mérite, va diviser.



* Adrien Barrot, Si c'est un Juif. Réflexions sur la mort d'Ilan Halimi, Michalon, 2007, 149 pages, 14 €.



Rédigé par Rudy Reichstadt le Vendredi 02 Mars 2007 à 20:16 | Permalien | Commentaires (0)